New path

Depuis le 27 juin 2014 à 21h14, une page a été tournée.

Les cours sont finis, je n'ai plus à me lever à 5h du matin, à prendre le train plein de monde, ni le bus plein de monde, à être socialement en alerte pendant les cours, à me concentrer pour isolé tout les sons et saisir les informations transmises oralement, à errer après les cours en laissant place à mon mode automatique qui me plonge dans un malaise profond dut à une saturation, ni à galérer pour partir plus tôt des cours pour être sur d'avoir un train pour arriver à l'heure sur Grenoble pour mes rendez-vous de réhabilitation au centre expert.

Cette année à été très éprouvante par le chamboulement totale qu'elle a menée.

J'ai eu mon diagnostic officiel d'Aspie avec dyscalculie et dépression sévère offrant enfin les bonnes lunettes pour définir ce que je suis en même temps que la découverte d'un nouveau métier où on repousse nos limites.


Qui je suis ? Qu'elle est ma vérité ? Est-ce que c'est vraiment moi qui choisi ou est-ce que c'est le moi socialement surcompensé que je subis en armure ? Est-ce que je suis légitime ? Est-ce que je me mens à moi-même ? Pourquoi moi ? Pourquoi je ne suis pas normale ? Pourquoi je dois expliquer ? Comment faire comprendre aux autres ? Est-ce que je dois changer ? Est-ce que j'ai le droit d'être moi ? Pourquoi continuer à souffrir ? Est-ce que je dois tout abandonner et m'isoler ?

Je me suis sentie profondément soulagée, puis scandalisée, puis découragée. J'ai eu envie de hurler au monde entier qui j'étais et dans la même seconde envie de mourir pour ne plus être qui je suis.

J'ai eu aussi beaucoup d'espoirs et de désillusions. J'aime beaucoup de nouvelles personnes, des belles rencontres, des belles observations. J'ignore aussi beaucoup de nouvelles personnes, décevantes, malsaines, trompeuses, dangereuses. Mais au final, je suis toujours à l'écart et seule. Et le constat de cette fin d'année est celui de devoir accepter le fait que l'amitié n'est pas une donnée applicable à ma personne, je suis condamnée à rester seule. Je ne comprend rien aux autres, je ne comprend rien à comment réussir à me synchroniser avec eux, je ne comprend pas comment ne plus ressentir cette terrible frustration du mur invisible entre eux et moi.

Il faut aussi que j'arrive à composer professionnellement avec les subtilités sociales d'une "amitié apparente" comme un espèce de voile passager, de petit mensonges opportunistes à soi-même, pour permette une entente cordiale dans le but de développer des projets professionnelles jusqu'à leur terme. Beaucoup de boulot.

J'ai deux mois pour parvenir à :

  • Apprendre à me connaitre (redéfinir mes limites physiques et psychologiques),
  • Découvrir l'estime personnelle (savoir identifier mes qualités et mes lacunes),
  • Trouver un rythme sain (alimentaire, hygiénique, fatigabilité, vie sociale),
  • Développer mes compétences (travail de la voix, lâcher prise, rythmique),
  • Établir mes projets (écriture, story-board, listing, dessin, codage),
  • Organiser le quotidiens en prenant en compte la marge d'imprévues acceptables,
  • Définir un objectif censé pour l'année à venir.

J'espère défraichir un semblant de stabilité cet été pour pouvoir mettre toute mon énergie et mes forces au profit de l'année à venir, n'avoir que ça en tête pour en tirer le meilleur professionnellement.

En ce qui concerne ce blog, je me suis consacrée un temps pour le développer plus régulièrement avec un contenu varié mais plus homogène.

A venir plusieurs articles sur mon diagnostic de A à Z, sur mon parcours de réhabilitation, ma rencontre avec une job coach, mes différents modes perceptifs, mon rapport avec les autres et ma rencontre avec d'autres aspies lors de mon atelier de psychoéducation.

Suractivité intérieure

J'ai beaucoup d'idées. Tout un tas. Une infinité.
"C'est génial ! Tu dois faire plein de choses, tu dois être productive, c'est utile en plus pour l'avenir."

Ben en fait non. Parce que tout ça va très vite dans ma tête à tel point que plusieurs idées se superpose l'une sur l'autre sans - parfois/jamais - avoir de lien l'une avec l'autre.
"Bah tu peux toujours essayer de les poser sur le papier telle qu'elles te viennent puis tu pourra reposer un peu la réflexion."

Ben en fait... Non plus. Parce que je pense en image. Pour être plus précise, je pense en mini-film, littéralement. Chaque situation, mot ou son entendu, lumière ou mouvement perçu, chaque odeur ou sensation ressentie, tout absolument, tout déclenche en moi des mini-films, mais aussi des idées... Qui s'expriment elle aussi en mini-film.

Pendant mon enfance il était assez simple pour moi de vivre avec une pensée en film, je pouvait les restranscrire par écrit ou part dessin à travers le prisme de mon monde intérieur (j'en parlerai un jour, c'est un peu compliqué), ça me permettait de vider mon cerveau, lui permettre de décompresser en régulant l'information.

Mais il arrivait parfois que cela ne soit pas possible, et dans ce cas où tout les films se lancent en même temps (tester un jour de lancer 10 films chacun à des moments différents avec le son au même volume et les images les unes sur les autres pour avoir une petite idée), sans pouvoir s'arrêter, engendrant eux-même des loops avec des scénarios et des plans variables à chaque milliseconde. Mon cerveau est au bord de l'implosion mais extérieurement, je suis totalement inactive. Je suis souvent incapable de me lever de mon lit ou alors seulement pour déplacer sur mon canapé, et si je m'écoutais les seules choses que je ferais seraient dormir, fixer le plafond pendant toute la journée ou m'allonger dans ma baignoire. Mais quand je m'écoute comme cela, j'ai honte. Je rentre tout de suite en jugement négatif de moi-même, je me traite de feignasse, je pense à tout les gens qui travail, à ceux qui se battent pour être productif, à ceux qui galèrent à être actif, pendant que moi je suis là, prostré. Je me sens une feignasse finie.

Pourtant, j'ai plein d'idées, j'ai pleins d'histoire merveilleuse, de personnages fantastiques pour les parcourir, des images à créer qui pourraient valoir le coup, des concepts de sites, de jeu vidéo, d'application à développer... Mais c'est trop à la fois et sans limite entre chacune d'entre elles.

La seule solution que j'ai trouvé pour ne pas partir en "crise" à force d'être à la fois fatigué, surmené, agressé, stupide, inutile, honteuse et lente : la surstimulation.

Je met de la musique à fond (japonaise de préférence), je regarde des épisodes d'affilés de dessin-animée (japonais aussi), je mange, je gigote, je m'écrase le corps sous des couvertures et des coussins que je tiens très serrer contre moi, le moindre déplacement se fait sur la pointe des pieds ou en sautillant ou en "flottant" et toujours en chantonnant ou en mimant avec la bouche des paroles prononcés dans un des dessins-animée visionné.

Là, l'environnement (contrôlé par moi) est tellement présent que c'est comme si j'arrivais à suspendre mes scénarios ou tout du moins à les ralenties.

Mais la journée passe et en arrière plan de tout ça, grimpe de la négativité. J'aime celle que je suis et ce que je ressens quand je m'auto-surstimule, mais l'auto-jugement et l'anormalité de cela et les conséquences sur le quotidien me provoque de l'angoisse.

Parce que c'est déjà le soir, que je n'ai, ni fait mon ménage, ni lavé mon linge, ni écrit les mails que j'avais à écrire, ni fait les dessins que je veux (j'insiste là dessus)/dois faire, ni écrit les histoires que je veux/dois faire, que je n'ai pas lu les livre que je veux lire, que je n'ai pas communiqué avec mon conjoint, que je n'ai pas fait mon sport et que je ne suis même pas sortie au moins 5 min pour prendre l'air.

Au final, tout reprend avec violence et je perd encore un peu plus d'estime de moi-même.

Tout ce qu'il faudrait c'est moins de chose à faire en même temps dans la vie et aussi avoir plus de temps pour créer, car avec l'école, les aller-retours pour y aller de plus de 2h en bus + train, l'entretiens des relations sociales de travail, et l'accumulation de dette envers autrui, ainsi que de projet professionnel dans un cadre non sécurisé totalement aléatoire, je sature, j'étouffe, je n'ai plus le temps, les scénarios pullulent.

Désolée pour les fautes d'orthographe.

Obvious

Depuis quelques jours, nous nous sommes attelé au rangement de l'appartement, cette activité comme bien d'autre étant pour moi source, dans l'ordre :

- d'angoisse

- de perfectionnisme

- de colère

- de frustration

-de perfectionnisme +++

- de dépression

- d'échec

- de fatigue extrême

la tâche fini toujours par s'étaler dans le temps.

Bref, ayant besoin de réorganiser mon environnement pour être plus adapté à mes spécificités cognitives, j'ai remanié toutes les pièces et lancé la lutte de la quasi-perfection organisatrice : tout dans des boîtes bien classifiées, tout dans des étagères bien rangées dans un ordre rigide, fusionner le lieu de rangement des objets les plus usités avec le lieu d'utilisation etc...

Tout cela aura nécessité un déballage et tri conséquent de tout ce qui avait fini par envahir plus qu'à servir dans le domicile.

C'est comme ça que je suis tombée nez à nez avec de vieux "nemu" (story-board proche du brouillon de bande-dessinée). En les relisant, je n'ai pas pu m'empêcher de me rendre compte que toutes les histoires, tout genre confondu dont dans ce cas précis, l'auto-biographie, était empreint d'une analyse ardue de l'environnement sociale et de mon incompréhension de celui-ci, de mon sentiment profond d'exclusion malgré l'effort et la recherche perpétuelle d'un lien entre moi et le monde réel.

Bigre !

En relisant tout ça, on voit tellement de critères de la grille clinique du spectre autistique, sur une seule planche ! L'autisme étant devenu depuis ma suspicion et encore plus, depuis mon diagnostic mon nouvel intérêt restreint, j'ai eu peur de voir de l'autisme là où il n'y en avait peut-être pas, j'ai donc fais lire ma découverte "pré-historique" à mon conjoint, qui après une lecture sérieuse à fait l'alarme de "autistic spotted".

Bref, en redécouvrant tout ça, je suis mêlée de nostalgie mais aussi d'une intense frustration de ne pas pouvoir répondre à celle que j'ai été, d'avoir la capacité de me déplacer astralement dans le passé, rencontrer le moi du passé, lui tendre la main, lui faire un câlin et lui dire :

"Tu sais, ce que tu cherches désespérément, tu vas le trouver.
Tu n'es pas une erreur de la Nature.
Tu n'es pas un être maudit par une entité Divine pour avoir pêché dans des vies antérieures.
Tu n'es pas le gamma de la horde humaine existant uniquement pour être un souffre-douleur, expiateur de leurs souffrances.
Tu n'es pas inutile et désespérément digne de disparaitre tout de suite, là, maintenant.
Tu n'es pas la personne la plus stupide de l'univers.

Tu es ce que tu es, différente, avec tes défauts, tes qualités, tes compétences et tes difficultés.
Tu as ta place parmi les autres et ce n'est pas qu'à toi de tout accepter, tout faire pour vivre parmi eux.
Découvre toi, toi-même, avec un filtre objectif, avec un peu de bienveillance.
Accepte-toi, toi-même, avec un peu d'amour et tu verra,

Tu existera comme tout les autres, en te respectant et en respectant les autres."

Ça n'arrivera pas, je le sais, mais si ce n'est pas à celle que j'ai été que je peux le dire, je peux déjà essayer de me le dire au moi à venir.

Finalement, le ménage réserve parfois de bonne surprise.

(désolée d'avance pour les fautes d'orthographes, n'hésitez pas à m'indiquer les corrections)